m. desmedt - m. lacour - s. leribaux - d. van cauwenberghe
Sur base de la proposition de concours des architectes fin 2005, "Het huis van de Arbeid" a adopté pour la construction de son nouveau siège le parti du développement durable et des énergies passives, tout en apportant une réponse sensible, contemporaine, et appropriée au contexte urbanistique existant donné. Consciente que la prise en compte des enjeux environnementaux dans des opérations immobilières d’envergure telles que celle-ci (il s’agira de la plus grande surface passive à ce jour à bruxelles) aura des implications sociales, logistiques et économiques importantes dans le milieu où elle opère … elle a fait l’objet d’une démarche globale, objective et rationnelle.
Car c’est bien la ténacité de la motivation de tous, alimentée par une information complète et continue, qui nous permettra d’atteindre les objectifs de cette démarche. Et comme toute expérience nouvelle, son application demandera l’engagement de la part des maîtres d’ouvrage, des maîtres d’œuvre et des entreprises, et exigera de la part de tous les utilisateurs une remise en cause des pratiques routinières.
De plus, elle exige d’être réfléchie dans un cadre économique parfaitement maîtrisé : seule la viabilité économique confirmera la mue réussie de l’approche environnementale … de parti esthétisant … en parti global de base.
Un effort financier important est consenti pour d’une part atteindre une valeur d’isolation thermique très performante (façades, toitures, sous-sols), et d’autre part pour assurer une ventilation naturelle (diurne) et forcée (nocturne) des espaces de bureaux, et ce sans avoir recours à des groupes « énergivores » de production de froid.
La compacité du volume du bâtiment articulé autour d’un patio central limite le développement des façades, et donc les déperditions thermiques.
La structure portante de l’immeuble est en béton brut apparent afin de profiter de la grande inertie thermique du matériau : la journée celui-ci absorbe les calories produites dans les espaces de travail, pour les rejeter la nuit lors de la ventilation nocturne (châssis s’ouvrant automatiquement la nuit).
La peau de façade est constituée d’un mur-rideau mixte en cadres bois préfabriqués. L’utilisation du bois en lieu et place de l’aluminium pour le cadre va dans le sens espéré d’une réduction de la consommation de matériaux non renouvelables (l’aluminium). Ces cadres bois accueillent soit une épaisse isolation entre panneaux bois + habillage verre translucide extérieur, soit des éléments vitrés performants (triple vitrage).
La réduction de la surface vitrée de chaque bureau type à 42,5%, et plus encore la réduction de la surface vitrée totale à 29%, participent de façon significative à la réduction des déperditions thermiques, et donc des apports de chaleur nécessaires en périodes froides.
Notons que cette réduction permet tout de même un éclairage naturel généreux (22%) réduisant de la sorte la consommation électrique.
La protection solaire externe des surfaces vitrées (couplée à la réduction de la surface vitrée dont question ci-dessus), participe elle de façon tout aussi significative à la réduction de l’accumulation de chaleur interne, et donc des apports de froid nécessaires en périodes chaudes.
Le contrôle des températures intérieures se fait également de façon passive par le biais du système de ventilation : l’air frais extérieur est extrait à 2m du sol en périphérie du bâtiment pour être inspiré dans un gainage enterré (à -2m) implanté en serpentin … ce « puits canadien » sert d’échangeur de chaleur, permettant de refroidir (en été) ou réchauffer (en hiver) l’air pulsé dans les espaces intérieurs.
Distinction
Retenu en décembre 2007 par IBGE Bruxelles Environnement comme bâtiment exemplaire pour les hautes performances énergétiques et environnementales