m. desmedt - m. lacour - s. leribaux - d. van cauwenberghe
Sur l’ancien site minier du Winterslag à Genk, le projet de concours s’implante sur un site à l’héritage industriel lourd, intégrant dans son programme non seulement les constructions monumentales existantes mais aussi les machineries propres à l’exploitation du charbon abandonnée depuis maintenant plusieurs décennies.
Le centre vise à rassembler en un seul lieu deux volets …
la mémoire … La première approche met en scène l’univers industriel d’un passé encore proche: le magnifique espace du Winterslag, chargé du souvenir de milliers d’hommes et de femmes ayant travaillé ici dans des conditions que l’on imagine mal aujourd’hui., dans un capharnaüm rappelant le monde fantastique de jules verne. Les immenses machineries sont ainsi révélées au public, dans leurs espaces remis en état mais peu transformés, souvent tordus et difficiles d’accès tel un labyrinthe (notamment au niveau rez), symptomatique de la vie difficile menée ici autrefois. Cet univers fut longtemps le pilier de la vie des ouvriers, dictant leurs faits et gestes non seulement dans l’enceinte du site mais également en dehors (voir les cités ouvrières voisines) … impossible donc dans cette région de se tourner vers le futur sans assumer ce passé lourd, parfois dramatique.
le création …La deuxième approche met en scène un programme culturel pluri-disciplinaire se servant autant d’espaces existants comme « médium » propice au développement de projets actuels, que d’espaces neufs conçus comme « catalyseurs ». Le red-dot center (centre du design), implanté dans l’une des grandes salles aux proportions grandioses s’inscrit dans la première optique, mettant en scène dans ce volume impressionnant la vision industrielle contemporaine. Deux nouvelles salles de spectacles s’inscrivent dans la deuxième optique, conçues comme des machines hyper performantes, polyvalentes, « boîtes à idées » suréquipées à la disposition de créations contemporaines, largement éclairées par la lumière naturelle (grande salle : 550 personnes, petite salle : 150 personnes). Ces entités indépendantes avec leur logique propre sont rassemblées en un seul volume ou « machinerie », dissociée du bâti principal, les espaces en interstice devenant foyers, circulations, terrasses, placette pour répétitions extérieures, …
A la lumière de la complexité de ce programme, un fil conducteur rassemblant les deux volets se dégage: c’est l’Homme en mouvement … en découverte perpétuelle … évoluant d’une expérience à l’autre, fort de l’interaction entre celles-ci. Ce fil se matérialise par un chenal cuivré serpentant au travers les pièces (ou disciplines), disparaissant (en gestation) puis réapparaissant (en action) plus loin, protecteur (couvert) puis ouvert sur le monde (doté de vues cadrées, passages, et ponts), introverti (sans percement) par endroit et puis totalement extroverti voir exaltant à d’autres (se transformant par exemple en promontoire planant au dessus du vide), … passant au dessus, en dessous, à travers le Winterslag … se tordant … se pliant … se métamorphosant sans cesse pour arriver à ses fins tel un être vivant.
Ainsi le labyrinthe de l’aventure humaine contemporaine rappelle furieusement celle du siècle dernier …